l’Octroi

C’est sur le pont Louis-Philippe, passage obligé pour Santiago si vous êtes sur le GR65, que vous tomberez sur la petite maison de l’Octroi. Ceux venant de par le Célé ou Rocamadour n’y passeront pas forcément, sauf s’ils font une légère boucle le long du Lot, au lieu de passer par le pont de Cabessut.

D’antan, ce fut là que vous deviez payer une taxe pour avoir le droit de passer le pont, ou bien rebrousser chemin sous les coups de pique des gardes ou les jets de tomates pourries de la matrone de service… ou les huées de la foule des commerçants (« Gueux, rentre chez toi et reviens avec les poches pleines! »).  Maintenant, des dames et quelques messieurs vous héleront si vous passez sans vous arrêter, pèlerin maladroit que vous êtes, votre nez humant l’air du large et la tête dans les nuages.

Comme vous le savez, le pèlerin moderne en a vu des vertes et des pas mûres dans sa vie. Il rêve de quelque chose de mieux, bien sûr, sinon il ne serait pas là. Mais la compassion et l’empathie, l’aide gratuite et organisée, il n’y croit pas de suite. C’est normal, il est tout frais sorti de la ville civile. Il est souvent de Lyon ou Paris, on veut lui vendre des bâtons, des sacs, des colliers, de l’eau, du baume miracle, de l’eau en poudre, des chaussures à 400 euros parce que leurs pieds le valent bien, etc, tout… sur le thème de Saint Jacques ! Bon, après un mois de rencontres, d’inconnus aux gestes généreux, de bons samaritains plus nombreux qu’on ne le croit, et qui apparaissent souvent quand on a besoin d’eux, le pèlerin est plus cool et plus croyant. Mais on n’en est pas encore là, le « pèlerin » est encore un « marcheur » désabusé à la recherche d’un signe, mais sans y croire totalement.

Quand les dames de l’Octroi hèlent celui-ci qui ne les voient pas, il doit traduire cet appel pour quelque chose comme :

–  Houhou chéri ! Viens par ici, on a les mêmes à la m…

Il s’offusque intérieurement, ou bien prend peur. « Qu’est-ce qu’elles me veulent ?? » se dit-il. Et sa réponse est presque lachée à haute voix : « J’ai déjà donné, je suis marié, je n’ai pas un copec ! »

Y’en a comme ça qui sont passé sans s’arrêter, et sont venus ensuite au Papillon Vert. Nous avons dû les rassurer et leur dire qu’ils ont hélas manqué la boisson fraîche, les petites sucreries, les conseils avisés, la carte touristique gratuite de la cité médiévale. Quel malentendu ! Ils seraient presque repartis pour rattraper le coup !

L’Octroi, c’est super, c’est gratuit, et en bonus, certaines des dames sont des marrantes (cherchez-les dans la 2ème photo) !

Voici un souvenir collectif de leur passage au Papillon pour l’inspection générale des gîtes avant le début de la saison (traduisez en : grand goûter, gâteaux faits maison et séances de bavardages à la hauteur de l’événement) :

 

Des membres de l’Octroi en visite au « PAPILLON VERT » le 24 Mars 2016

Octroi au Pap 1

           Brigitte                Serge                    Sylvette

          Jaqui, Marie-Andrée             Paule                              Dédée,  Nicole

   Jacqueline, Denise, Sophie                                              Michèle, Martine, Bernie

 

Un grand merci à Eden (qui a pris la photo) et à Jaqui, sa maman, pour leur chaleureux et sympathique accueil dans ce beau et douillet gîte qui sait créer un cocon autour des gens qui se présentent !

Quelques grimaces voulues par notre hôte

Octroi au Pap 2

 

Si vous rencontrez quelqu’un sur le pont avec une bouille de la photo, n’essayez surtout pas de fuir, car si on vous agrippe, c’est pour votre bien, jacquets !

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