Paroles de pèlerins

 

Ce sont juste de petites histoires simples, mais qui racontent un peu de la vie des pèlerins sur le chemin…

 

Grasse matinée…grasse

Un pèlerin qui en est à son deuxième jour au Papillon Vert raconte à l’hôte qui lui demande s’il s’était bien reposé :

– Oh que oui, j’ai dormi jusqu’à 9h, j’en ai presque honte !

Alain, 24 Mai 2016.

Soif…vin

Un pèlerin raconte à table que dans un autre gîte il avait une fois remarqué une pèlerine belge qui traînait furtivement dans la maison. Il lui demanda :

– Qu’est-ce que tu fais ?

Ce à quoi la belge répondit avec honnêteté :

– Je suis en train de repérer la réserve de pinard…

Quelqu’un d’autre à table fait la remarque :

– Et c’est à partir de ce moment-là que tu t’es bien entendu avec elle !

Jean Paul, 27 Mai 2016

Pas vue !

Marie-Hélène qui vient de retrouver son amie se fait raconter par elle :

– Si tu savais la honte que j’ai failli me prendre hier… J’étais sur le bord de route, tout semblait calme, et j’ai eu envie de faire pipi. Je regarde à droite…personne… je regarde à gauche… personne. Je baisse donc mon pantalon, ma culotte et je m’accroupis pour faire ça vite fait. Et c’est à ce moment-là qu’une voiture surgit de nulle part et me passe devant. Prise de panique, je me redresse et me couvre le visage des mains !

Marie-Hélène est surprise et lui demande :

– Mais… au lieu de te couvrir le visage, pourquoi tu ne t’es pas couverte en bas ??

– Et bien, c’est pas bien compliqué, s’il voit mes fesses, il m’aura vu les fesses, c’est pas un drame, et il ne pourra toujours pas savoir qui je suis. Mais s’il voit ma tête, il pourra me reconnaître, et là c’est la honte !

Histoire de Marie-Hélène, 24 Mai 2016

Moi malgré tout…

Je quittais Le Puy en pensant au chemin qui m’attendait, aux rencontres, aux paysages, à la solitude acceptée, voulue, aux amitiés inattendues qui berceraient cette solitude. Je levais le regard, essayant d’éviter de garder mon regard fixé sur la route. Je vis le chemin sillonner doucement entre les pans de roches de la colline, je vis un oiseau perché sur une pierre, immobile, comme si de roche lui aussi. Était-il vivant ? Je commençais à en douter, quand il sentit ma présence et s’envola d’un coup d’ailes. À côté de l’emplacement où il se trouvait je distinguais une vague forme blanche, plus claire que le bloc de roche lui-même. Un instant plus tard, j’arrivais au niveau de ce perchoir improvisé et y jetai un œil. Une coquille Saint Jacques était posé dessus, ronde et propre, avec le chiffre « 2016 » peint clairement sur sa face extérieure. Je regardais autour de moi. Peut-être qu’un pèlerin faisait une sieste sous un arbre et l’avait posée là en attendant ? Ou pipi dans un buisson ? Mais il n’y avait personne, le silence régnait, et je sentis que la coquille avait peut-être été posée là comme un signe, ou un don, pour quelqu’un. Et ce quelqu’un, je ne pensais pas que c’était moi, mais j’étais intrigué, et… je la ramassais donc pour la regarder de plus près. En la retournant, je vis à l’intérieur le prénom « Guy » écrit en gros encre noir. J’ouvris de grands yeux d’étonnement. Je m’appelais Guy ! Donc depuis donc ce jour-là, je me ballade avec cette coquille sur mon sac…

Histoire racontée par Guy, le 5 Juin 2016.

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